Horizons Médiatiques – Edition europe

Le journalisme dans tous ses états

Redécouvrir l’histoire du Titanic sur Ipad avec The Southern Daily Echo

Si la ressortie du film en 3D et les nombreux documentaires diffusés à la télévision ne vous avait pas encore mis la puce à l’oreille, nous fêtons en 2012 le tragique anniversaire du Titanic, qui partait de Southampton pour aller à New-York le 15 avril 1912 mais qui n’arrivera jamais. Tout le monde connait l’histoire à travers le film de James Cameron, mais le Southern Daily Echo, journal régional de l’Hampshire en Angleterre, se propose de faire revivre l’évènement grâce à une application sur Ipad qui rassemble des archives de l’époque.

On y trouve des extraits des éditions du Daily Echo, mais aussi de ses consœurs disparues le Southampton Times, le Hampshire Advertiser, le Hampshire Independent et le Southampton Pictorial. Le but est de retracer la couverture médiatique de l’époque, de l’arrivée du Titanic quelques jours après la fin de sa construction au port de Southampton à la tragédie la nuit où la coque du bateau a percuté un iceberg au milieu de l’Atlantique qui a provoqué la mort de 1514 personnes sur les 3339 à bord. Mais on y découvre aussi un incident moins connu sur l’Olympic, autre bateau de la compagnie White Star Line, où une mutinerie a débuté après que de grands doutes ait été soulevé par les journaux sur la sécurité à bord des navires de la compagnie, dans la construction mais aussi l’aménagement comme par exemple le nombre de canaux de sauvetage, insuffisant sur le Titanic.

L’application permet aussi de consulter nombre de documents audio et vidéos une carte du port de Southampton et des lieux liés au bateau, ainsi que des photos de l’époque qui permettent de revivre les minutes avant le départ du navire. Le journal propose aussi plusieurs dossiers exclusifs avec par exemple l’histoire de Frederick Fleet, le marin rescapé qui a vu en premier l’iceberg, ou les derniers mots du capitaine Edward J. Smith avant de mourir lors du naufrage. Une belle démonstration de l’utilité des nouvelles technologies pour revisiter le passé et donner un éclairage nouveau sur un évènement qui a marqué l’histoire.

Telechargez l’application « Titanic – The Southampton Story »

Une application pour géo-localiser l’actualité avec N0tice, la plate-forme du Guardian.

Le Guardian n’est décidément pas prêt d’arrêter ses expérimentations dans le domaine des nouvelles technologies et de l’information. En effet le journal anglais vient de lancer une nouvelle application liée à sa plate-forme n0tice qui se veut un espace de libre diffusion de news hyper-locales accessible par tous. La nouveauté ? Désormais les utilisateurs mais aussi les lecteurs auront la possibilités de signaler le lieu correspondant à la photo et au texte postés sur n0tice via leur Iphone. C’est une nouvelle manière d’illustrer l’actualité sur ce site qui joue sur la réactivité des utilisateurs et sur la mobilisation de journalistes amateurs pour propager une « breaking news » en quelques minutes et faciliter le chemin de l’information. Le but de l’opération est aussi d’attirer de nouveaux lecteurs qui souhaitent se tenir au courant de ce qui se passe prêt de chez eux, et par la suite devenir eux même acteurs de ce nouveau réseau.

Les utilisateurs peuvent poster sur des sujets aussi variés qu’un évènement musical, une manifestation politique, ou un fait divers. Une autre nouveauté annoncée il y a quelques jours par le Guardian est l’ouverture de la plate-forme aux rédacteurs, entreprises, développeurs et communautés. Cela passe par exemple par la possibilité d’intégrer une « news feed » basée sur un lieu précis (ne se limitant pas au Royaume-Uni) pour tous les blogueurs ou responsables de site d’informations. Enfin, n0tice est financé par la présence de petites annonces dont la visibilité dépend du prix payé par le vendeur de l’objet. Une preuve de plus que n0tice remodèle le journalisme local et lorsqu’on voit que le site fête déjà sa première année d’existence, on peut espérer que cela soit plus qu’une expérimentation pour le Guardian.

Meograph: l’outil pour retracer le chemin d’une information

C’est une initiative d’une envergure que les journalistes n’auraient pas pu imaginer jusqu’à aujourd’hui: une plate-forme permettant d’établir pour chaque information sa source originelle, pour ensuite retracer le chemin de sa propagation, sur une carte du monde, et à travers des vidéos et photos. Meograph est l’outil qui permet de réaliser cette tâche, ouvrant aux journalistes la possibilité de présenter les infos de façon beaucoup plus interactive et visuelle qu’auparavant, avec l’utilisation de Googlemaps et Googleearth. L’utilisateur pourra décider de regarder une chronologie sur un évènement mais aussi de dévier de la trajectoire pour s’intéresser à un détail ou avoir plus de « contexte ».

C’est en somme un arbre généalogique de l’information qui nous est proposé avec Meograph. Le créateur, Misha Leybovich, , ancien ingénieur en aérospatiale et consultant en entreprise d’origine russe mais désormais travaillant aux USA, a eu l’idée après avoir eu la volonté de retracer ses propres voyages sur un support plus moderne que le livre. Mais nombre des innovations de Meograph sont venues de discussions avec des journalistes, comme par exemple la narration audio des « animations ». Au carrefour des technologies, le site permettra non seulement de voir comment un évènement à pu prendre l’envergure médiatique qu’il a aujourd’hui mais aussi raconter la vie d’une personnalité à travers sa présence dans les journaux, écrits, radio et télé dans le monde. Le premier exemple que propose Meograph est celui de la vie de Whitney Houston:

C’est une nouvelle vision du « story-telling » que propose Meograph, ou l’information n’est plus fragmentée en séquence mais devient un fil continu ou peut se rajouter chaque jour une source, un détail. Le site, prévu pour être lancé dans un peu moins d’un mois, sera totalement libre d’accès et rémunéré par de la publicité et « probablement abonnement « premium » d’après Misha Leybovich. Une démonstration est déjà disponible sur Meograph.com avec la possibilité d’envoyer son e-mail afin d’être prévenu dès le lancement de la plate-forme pour tous les journalistes.

Un espoir de renaissance pour la presse solidaire avec la version digitale de The Big Issue In The North à Manchester.

L’association The International Network Of Street Papers*, qui s’occupe de promouvoir la presse solidaire (vendue par et aux bénéfices des plus pauvres et défavorisés) à travers le monde vient de lancer une opération de collecte de fonds sur la plate-forme Kickstarter afin de réaliser un projet de « journal de rue » en version numérique. Le premier bénéficiaire de ce projet est le journal mancunien The Big Issue In The North, qui s’attache à informer ses lecteurs sur la vie des personnes en difficulté, qu’elle soit d’ordre financier ou physique, et mettre en relief les inégalités et problèmes sociaux de la ville. Le journal n’oublie pas pourtant de parler de sujets plus légers comme la culture et principalement la musique.

Le principe de cette édition digitale serait de distribuer, au lieu de la version physique du journal, une carte d’accès comportant un code QR (les mêmes utilisés dans de nombreux magazines ou affiches publicitaires et lisibles grâce à une application sur smartphone) qui permettrait de télécharger l’édition au format numérique sur son téléphone ou sa tablette pour la somme de 2£.

Les donateurs seront récompensés vis à vis de la somme offerte, avec des cadeaux qui vont de leur mention dans une liste de remerciements sur le site du journal à la possibilité de choisir vous même quel sera le prochain magazine bénéficiaire de la technologie, pour les plus généreux. Si l’opération est un succès, l’INOSP* appliquera ce modèle de distribution à près de 122 journaux de rue à travers le monde. Cela pourrait signifier l’entrée de cette presse souvent peu valorisée dans le 21ème siècle et lui redonner une nouvelle vie. Le lancement de l’édition digitale de The Big Issue in the North est prévu en Juillet prochain.

*Le Réseau International des Journaux de rue

Interview avec Niall Byrne, rédacteur en chef du magazine musical irlandais State.ie

Si la crise de la presse en Europe concerne majoritairement les quotidiens nationaux, elle affecte dans une moindre mesure les magazines, et State en est un exemple parfait. Créé en 2008 à l’aube de la crise économique que nous vivons aujourd’hui, il n’a pas réussi à subsister plus de quelques éditions avant que ses créateurs, John Walshe, Simon Roche et Phil Udell, décident de transférer le média sur internet par manque de financements. Niall Byrne a accepté de répondre à quelques questions sur l’état de la presse musicale aujourd’hui, son expérience en tant que journaliste freelance et fondateur de State.ie , et les innovations qui peuvent permettre à un média de rebondir et de se démarquer sur le Web.

– Comment le magazine musical State a-t-il commencé ?

Le magazine a été fondé par Phil Udell, John Walshe et Simon Roche avec l’appui financier de Roger Woolman. Roger est un photographe musical qui sentait en 2008 qu’il manquait un magazine de qualité sur l’actualité musicale en Irlande. Nous étions tous de cette même opinion.

State a été un magazine papier pendant neuf éditions, ensuite vous avez décidé de continuer l’aventure sur internet et d’arrêter la publication physique, quelles ont été les raisons de cette décision, et comment s’est passé la transition ?

Nous avons commencé à peu près six mois avant que le mot « récession » soit utilisé pour qualifier la situation économique en Irlande. Cela a influencé les ventes d’espace publicitaire de façon drastique, et les annonceurs ont freiné leurs dépenses.Dans notre position de nouveau venu, nous étions les derniers auxquels ils faisaient appel, et nous étions les premiers à être sortis du jeu. Ce n’était pas financièrement tenable pour nous de continuer à publier sur support papier hélas.

Comment décririez vous les différences entre votre travail pour un support physique  auparavant et celui pour un magazine en ligne aujourd’hui?

C’est très différent. La version en ligne est plus adaptée à des articles courts et facilement « digérés » par les lecteurs donc nous nous sommes réorienté vers les brèves et l’actualité à chaud. La version papier était plus ancrée dans le reportage et les dossiers, et nous espérons revenir à ce genre d’article bientôt avec un peu de chance.

En tant que blogueur sur Nialler9.com, journaliste musical freelance pour plusieurs web magazines et rédacteur en chef de State.ie , quelle est votre vision de l’état du journalisme musical sur internet aujourd’hui ? N’est-il pas difficile d’en vivre ?

Le plus gros problème est que les revenus des publicités sur internet baissent significativement vis à vis d’une publication papier donc il est impossible de tenir financièrement sans l’aide d’une source extérieure. Cela rend la possibilité de payer nos rédacteurs pour de bons articles très difficile. Je pense que nous sommes quasiment à la fin d’un cycle qui verra les sites basés sur les news et les scoops suivre une voie vers quelque chose de plus consistant et réfléchi dans la sphère musicale. Espérons que cela amènera un peu plus de critique et de contexte dans l’écriture.

Est ce que la survie des magazines musicaux papiers est menacée par des sites musicaux populaires comme Pitchfork et Stereogum ? La qualité d’écriture et de contenu est-elle comparable ?

Je ne pense pas. Ce sont des médias différents. Ils fonctionnent fondamentalement sur des modèles différents. L’un est fait pour être lu lorsque l’on travaille, l’autre est fait pour être lu aux toilettes. Je plaisante ! Personnellement, j’aimerai que Pitchfork propose plus de critique dans leur chronique de morceaux, et je pense que Stereogum fait un bon travail la plupart du temps et connaissent bien leur cible. Lorsqu’un site atteint cette popularité, je pense que tout est passé au crible et il devient très critiqué donc il devrait s’attacher à garder un même niveau de qualité.

State magazine, parallèlement aux brèves et aux chroniques, a proposé il y a quelques mois un numéro spécial « Les artistes les plus prometteurs de la scène Irlandaise en 2012 » sous la forme d’un pdf reprenant la mise en page d’un véritable magazine. Est-ce une expérience que vous souhaitez retenter ?

Oui, c’est quelque chose dont nous sommes très fiers et nous comptons produire une édition chaque année.

Quel futur imaginez vous pour State magazine ? Avez vous pensé à publier sur de nouveaux supports comme les tablettes numériques (Ipad, Samsung Galaxy …) ?

Oui, nous y avons pensé mais je pense que publier un contenu exclusif à une plate-forme est une erreur et c’est quelque chose qui nécessite du temps et des ressources que nous n’avons pas, ayant chacun un travail à coté du magazine. Néanmoins, nous sommes en train de construire une version du site qui sera compatible avec différentes tailles d’écran et différents appareils.

Le Miso Project du Guardian: le data journalisme à la portée de tous

Le site internet du journal anglais le Guardian a mis à disposition des journalistes du monde entier ces derniers jours, un premier « pack d’outils », faisant parti du Miso Project, contenant certains codes sources des logiciels qu’ils utilisent pour créer des tableaux de visualisation de données. Concrètement à quoi cela correspond ? Un schéma, un graphique, une carte où chaque rubrique ou sujet abordée possède un code (couleur le plus souvent), selon la valeur des données une taille plus ou moins importante, et quelques fois même une interaction avec les autres domaines par superposition. Ce sont en vérité des outils de vulgarisation et d’illustration d’un grand nombre de données sur un même sujet.

Ci-dessus, une carte de la répartition et quantité d’ambassades américaines dans le monde parue sur le site du quotidien allemand Der Spiegel

Pour pratiquer le data journalisme il faut donc qu’un journal développe un ou plusieurs logiciels capables de générer ces graphiques qui ne sont pas simplement une illustration des données mais qui comportent souvent une façade interactive, dans le but d’approfondir l’analyse des chiffres à travers des menus déroulants et des animations. Cette volonté de partage d’une technologie pour l’instant réservée aux plus importants médias (New-York Times, Guardian, Le Monde) laisse espérer une démocratisation de ces pratiques, une très bonne nouvelle pour les amateurs d’innovation dans le journalisme web.

Représentation des dépenses du gouvernement anglais parue sur le site de The Guardian.

Pour plus d’exemples et d’infos, visitez le Datablog du Guardian.

Le New Musical Express s’associe à Google pour une nouvelle application

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Le NME, l’hebdomadaire musical le plus populaire en Angleterre, vient de sortir il y a quelques jours une application en association avec les équipes de Google nommée NME Live qui se concentre sur l’actualité et les chroniques de concerts. L’application, mise à la disposition sur la plate-forme Google Currents, prend la forme d’un magazine digitalisé contenant des articles sélectionnés par la rédaction. Un format qui s’adapte autant aux smartphones qu’aux tablettes comme l’Ipad. De plus, et c’est un fait rare, le service est disponible au Royaume uni sur l’Apple App Store et sur GooglePlay (anciennement Android Market).

Le NME est le premier média musical en Angleterre à proposer ce principe de magazine digital. Grâce à cette application, chaque utilisateur peut recevoir des informations sur les prochains concerts près de chez lui, les annonces de programmation des festivals en direct et lire les chroniques des derniers concerts en Angleterre sans avoir à attendre la sortie de l’hebdomadaire de l’édition papier. Une démarche qui se veut promotionnelle mais qui démontre néanmoins que le support physique est, même dans la presse spécialisée, lentement remplacé par du contenu digital, avec pour problématique la rémunération. Ici cela ne concerne qu’une rubrique du magazine et le NME semble avoir fait le choix du gratuit et de compter uniquement sur la publicité. Néanmoins la direction de l’hebdomadaire n’est pas dupe et pourrait bien offrir comme sur son site internet un service de billetterie qui, associé à cette application, remporterait un franc succès. On saluera pour l’instant l’innovation, en attendant de savoir si elle peut être financièrement viable.

L’actualité en temps réel avec Bambuser

Alors que le monde du journalisme cherche chaque jour par quel nouveau moyen propager l’information plus rapidement, et de façon plus originale, il se pourrait bien que Bambuser, une société suédoise, ait la réponse.  Spécialisée dans le « live video stream » (diffusion de vidéo en direct) sur téléphone mobile, l’entreprise a créé une application (du même nom, Bambuser) qui permet à la majorité des possesseurs de smartphones (environ 360 modèles y ont accès) de partager sur Facebook, Twitter, ou un blog ce qu’ils filment au même moment.

Les utilisations de ce procédé peuvent être multiples: proposer de suivre en direct une conférence de presse , une manifestation ou une émeute, un incendie, ou simplement illustrer un article sur une pénurie d’essence comme l’a fait un journaliste de Sky News, Nick Martin. Même si l’utilisation de cette technologie reste pour l’instant limitée à des évènements ponctuels  et que les principaux médias concernés viennent de Scandinavie, Bambuser offre une nouvelle dimension à l’information et offre des perspectives prometteuses pour les journalistes professionnels et amateurs à travers le monde.
  L’exemple le plus frappant est la couverture au Caire en 2010 du bloquage d’un batîment du gouvernement pour protester contre la nomination de Kamal el-Ganzouri par l’armée égyptienne comme Premier Ministre en attendant les élections qui avaient lieu quelques jours plus tard. C’est sur ce genre d’évènements que la transmission vidéo en direct peut prendre tout son intérêt, même si elle empêche la mise en forme de l’information. Cette nouvelle arme de la presse inquiète d’ailleurs les gouvernements au point de bloquer l’accès au site dans leur pays comme l’a fait l’Egypte et Barhain pendant le printemps arabe de 2011, ainsi que la Syrie en 2012

Preuve que cette initiative n’est pas un épiphénomène, de l’autre coté de l’Atlantique, plusieurs sites comme Ustream, Justin.tv et Qik (ces deux derniers sur le même créneau « mobile » de Bambuser) proposent la diffusion vidéo en live, même si leur utilisation est moins agréable du à une grande part de publicités pour rémunérer le service. On peut véritablement dire que le live streaming est en pleine expansion et alors que la popularité des chaînes d’information tv en continu, n’a jamais été aussi haute, il a un grand rôle à jouer sur le web journalistique.

Lancement d’un journal étudiant sur Ipad, le Leeds Student Newspaper

Et si les nouvelles technologies n’étaient pas réservées uniquement aux grandes structures comme le New York Times ou le Guardian ? Le journal des étudiants de Leeds, fondé en 1970,  est le premier au Royaume-Uni à lancer sa version Ipad, disponible depuis début février. L’application, disponible gratuitement sous l’Appstore d’Apple, propose une version numérisée du journal, pour l’instant très proche du support papier.

La rédactrice en chef, Lizzie Edmonds, précise tout de même en interview qu’elle attache de l’importance à ce que cette version Ipad ne soit pas un simple copier-coller: « Nous pourrions simplement copier en pdf les pages du journal chaque semaine mais ce serait ennuyeux. Le réel avantage dans une version Ipad est qu’on peut faire vivre le journal en direct, c’est pourquoi l’équipe qui est derrière ce projet passera beaucoup de temps à adapter la version papier pour un support digital ». Pour l’instant, l’application n’offre en supplément que quelques photos d’illustration supplémentaires, des liens vidéos, et d’autres vers des contenus externes.

Une technologie pas si onéreuse

L’édition Ipad du Leeds Student Newspaper a été créé simplement avec le même logiciel utilisé pour l’édition papier: QuarkXpress, ce qui n’a donc pas couté beaucoup en infrastructure. « On voulait que cela soit créé toujours avec l’oeil d’un designer plus que celle d’un développeur » précise Jack Dearlove, le chef de l’édition digitale du journal. Le développement n’a donc pris que deux mois, et c’est l’autorisation d’Apple pour la parution de ce journal sous Newsstand (Plate-forme officielle d’Apple pour accéder aux journaux à abonnement sous Ipad) qui a pris le plus de temps d’après Ms Edmonds.

Une démarche prématurée ?

Si l’Ipad commence à devenir de plus en plus visible, dans les grandes villes principalement, et que le Royaume-Uni est un des marchés principaux pour Apple, il reste un produit inaccessible pour une grande partie des étudiants de Leeds. Du moins, c’est ce que l’on déduit des premiers chiffres de téléchargement du journal: 117 téléchargements le premier jour, mais seulement 60 venant d’Angleterre. La rédaction du journal a communiqué qu’il y a environ 50 visites de l’application par jour, ce qui reste très faible dans une ville qui compte plus de 33 000 étudiants. Une initiative qui semble donc avoir manqué sa cible, même si l’on ne pourra tirer de réelles conclusions que dans quelques mois.

Site du Leeds Student Newspaper

Lien vers l’application Ipad

Des internautes invités en conférence de rédaction: le cadeau d’anniversaire de BBC World

Dans le cadre du 80ème anniversaire de la BBC World Service (organisme de radiodiffusion depuis 1932 dans le monde), la chaîne de télévision BBC World organise un évènement bien particulier: elle va diffuser en direct, le 29 février à 9h, sa conférence de rédaction. Le principe de base est unique et du jamais vu pour un média de cette envergure, mais si l’on ajoute que les auditeurs et spectateurs pourront participer au choix des sujets traités à travers leurs propositions données sous Skype, Tweeter (hashtag #bbcws80), ou Facebook, il promet une expérience interactive exceptionnelle.

C’est une initiative qui s’inscrit dans la volonté de proximité toujours plus forte des lecteurs envers les journalistes, comme le souligne Peter Horrocks, directeur de l’info monde: « Nous voulons que notre public soit autant au coeur de la commémoration de notre passé, que des discussions à propos de notre futur ». Mais plus que ça, c’est aussi l’occasion de montrer l’envers du décor, de jouer la carte de la transparence dans une période qui a été marquée par le scandale des piratages téléphoniques de News of the world, journal appartenant à un des plus importants groupes de presse au Monde, News Corp.

Cette même journée du 29 février, BBC World diffusera la plupart de ses programmes en direct de Londres, devant les bureaux de la rédaction à la Bush House, avant la relocalisation des journalistes à la Broadcasting House, hébergeant déjà une grande partie de la logistique BBC. C’est donc une toute nouvelle étape pour ce monument de l’information, et elle commence avec une main tendue vers son audience, dans une aire ou les frontières entre lecteurs et journalistes se font de plus en plus minces, et la collaboration des deux n’est plus considérée comme une aberration.

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